exploration-urbaine dot org
petit tour d'horizon de l'exploration urbaine en Europe (maj mars 2016)

Préambule à l'exploration urbaine (urbex et orbi)

Cambridge student climbing his school at midnight
Crédit photo: PR
 
working at the top of a skyscrapper
Crédit photo: NC

Personne n'aura la prétention ni la naiveté de croire que l'exploration urbaine est un phénomène récent (voir galerie photo). Il est simplement devenu plus visible avec l'évolution des moyens de communication. Si la pratique est très ancienne, on peut considérer que son approche moderne trouve ses racines dans les milieux universitaires, bien que de nombreux cordistes ou travailleurs acrobatiques faisaient la meme chose, obligés par leur travail. À Paris, l'école des mines fait perdurer la tradition de faire descendre la nouvelle promotion dans les anciennes carrières souterraines de Paris, aussi appelées commercialement catacombes (En effet, suite au succès des vraies catacombes de Rome, les orgueilleux parisiens ont aménagé les ossuaires des anciennes carrières de Paris pour les appeler catacombes, au contraire des catacombes qui sont des lieux spécialement créés pour enterrer les morts.). L'ECAM Lyon pratiquait aussi ce genre de rituel dans les galeries de drainage lyonnaises, les pentes de Fourvière et de la Croix Rousse étant elles aussi, un véritable gruyère. Pour clore cette énumération d'exemples: À l'étranger, les étudiants de Cambridge étaient pour leur part, férus de grimpe nocturne (voir image). Plusieurs livres leur ont d'ailleurs été consacrés (lien).À cette époque, l'exploration urbaine se résume simplement.
- Confidentialité: Les plans de souterrains s'échangent sous le manteau et se photocopient difficilement. Certains amateurs réalisent leurs propres plans mais l'information ne circule pas autrement que de proches proches. Il n'y a pas de réseaux sociaux, tout au plus quelques allumés qui se retrouvent sur minitel dans les années 80.
- Insouciance: Les friches sont grandes ouvertes, la France n'a pas encore basculé dans le grand délire sécuritaire, personne n'ayant eu l'idée saugrenue d'attaquer un propriétaire en justice après s'etre blessé sur son terrain.
- Gratuit: Ces endroits se vivent! La photographie coute cher et surtout, n'intéresse pas grand monde. Tout le monde profite des lieux de façon paisible sans imaginer que la fin de la récréation va sonner.
En effet, si les lieux abandonnés semblaient destinés à la rester longtemps, un grand chamboulement va changer la donne: Le PLU.
Petite parenthèse immobilière, l'arrivée du PLU (plan local d'urbanisme) en 2000 pour remplacer le POS (plan d'occupation des sols) est une aubaine pour les élus locaux et leurs copains car il permet rapidement de faire de la spéculation foncière en faisant de la rétention du foncier, de façon bien plus libre qu'après le transfert de la compétence du POS en 1983, sous tutelle de l'état. BREF. Difficile de se dire aujourd'hui qu'il fut un temps où un terrain constructible ne coutait rien. BREF. Les friches avaient "enfin" une valeur marchande. Le compte à rebours était lancé.



2000 L'emballement

Toit du musee d'Orsay
Sur les toits du musée d'Orsay au petit matin (Paris) - Édouard BERGÉ
Aqueduc a l'interieur du pont du Gard
Au sommet du pont du Gard, l'aqueduc (Pont du Gard) - Édouard BERGÉ
Comme expliqué dans le préambule, l'exploration urbaine n'est pas nouvelle. Elle existe depuis que la civilisation a défini des espaces qui sont réservés à un cercle restreint d'individus. Chaque société voit son espace séparé en trois. L'espace public, l'espace privé et l'espace technique. C'est ce dernier espace qui nous intéresse car il est méconnu. Bien qu'il soit parfois sous nos yeux, nous avons oublié sa présence, son accessibilité. Interdit au public pour des raisons de sécurité des biens ou de sécurité des personnes, ces lieux exercent une attirance fascinante. En effet, c'est parfois dans ces zones cachées que les architectes regorgent d'imagination et développent des trésors d'ingéniosité. Arches monumentales, labyrinthe de couloirs, charpente de cathédrale en béton, niveaux entremelés, etc.

Comment l'exploration urbaine est 'devenue' Urbex

De mon point de vue, la chose la plus importante dans l'exploration urbaine, c'est l'exploration. Le mot urbaine est à prendre au sens large. Je veux dire par là que quand on visite un bunker en pleine montagne ou un chateau abandonné, ce n'est plus trop urbain. C'est surtout fabriqué par l'Homme mais ce n'est pas urbaine à moins qu'on considère la campagne comme un grand espace vert au milieu des villes. Du coup j'ai du mal à saisir la contraction récente d'exploration urbaine en urbex. Certains prétendent que ça vient des américains, fondateurs de la discipline. Déjà, les américains n'ont rien fondé du tout (et les indiens d'Amérique quelques siècles avant... ...non plus). Ensuite, du peu que je m'en souviens, les américains avaient beaucoup plus d'imagination dans leurs pseudos ou leurs noms de site: Ninjalicious du site Infiltration. C'est quand meme beaucoup plus joli que urbexme, myurbex, urbexmoi, urbexground ou que sais-je encore. Sans compter qu'avec ce mot urbex, certains désignent l'activité, d'autres le pratiquant. Mais qu'est-ce qui clochait avec le mot exploration? La peur de ne plus etre en ville?

L'exploration, c'est la découverte ou -comme le disait poétiquement Tim- le regard d'un enfant sur la nouveauté. Alors parfois on essaie de figer l'instant dans ses souvenirs ou via la photographie. J'ai l'impression qu'aujourd'hui l'urbex représente le contraire: Une bande de photographes plus ou moins talentueux qui cherchent avant tout un spot photo. L'exploration n'est pas pour eux. D'ailleurs, il est intéressant de constater que les réseaux sociaux sont inondés "d'urbexeurs", tellement imbus d'eux meme qu'ils ont transformé le mot touriste en insulte. Ils passent le plus clair de leur temps à écrire qu'ils sont allé quelque part avant les autres et s'énervent de voir d'autres gens y aller ou en parler. On nage en plein délire. Quand un ami m'envoie une belle photo d'un toit qu'il a réussi à grimper et où je ne suis pas allé, le sentiment qui me vient immédiatement, c'est le bonheur. 1/ parce qu'il a réussi à accéder au toit et certainement passer un bon moment 2/ parce que la photo rend bien l'ambiance. Du coup, je ne peux que le féliciter et lui demander ses impressions. On est loin des photographes de studio sortis de nulle part et qui auraient du y rester...

L'exploration, ce sont aussi des échecs. On ne réussit pas toujours à aller quelque part, on se casse les dents sur un gardien, un murage trop important, une démolition précoce. Ces échecs permettent aussi d'amplifier le plaisir de la réussite, quand on arrive parfois à les surmonter. La photographie c'est le témoignage du lieu, on essaie de faire quelque chose de beau, qui rende nos émotions mais le meilleur reste l'instant présent, le moment qu'on partage en bonne compagnie. À part les cas extrêmes, je suis toujours accompagné, ça rend les visites bien plus agréables et puis on n'a pas toujours l'oeil sur tout, alors on se protège mutuellement, on montre à l'autre ce qu'il a peut-être raté.

Toiturophile, frichophile, cataphile, l'exploration urbaine sous toutes ses déclinaisons

Des blocs de pierre tailles dans une carriere de Vaux sur Seine
Blocs de pierre taillés dans une carrière de Vaux sur Seine (Vaux/Seine)
Édouard BERGÉ
Verriere du grand palais
La verrière du Grand Palais (Paris) - Édouard BERGÉ
L'exploration urbaine peut s'exprimer par un attrait pour les toits (on parle alors de toiturophilie), les souterrains, les friches et/ou l'infiltration (Ninja!), toutes ces catégories étant plus ou moins liées selon l'endroit visité (les friches ont toutes un toit, par exemple). Il n'y a pas de profil type de l'explorateur urbain. La seule constance, c'est la réappropriation de ces lieux inaccessibles en temps normal: Accès réservé à un personnel qualifié ou plus simplement, un personnel autorisé. Accès interdit pour risque naturel (effondrement, fragilisation du bâtiment, présence amiante). Cette réappropriation est toujours motivée par l'attrait du lieu. S'élever pour profiter de la vue, s'engouffrer sous terre et bénéficier du calme olympien, découvrir le passé d'un lieu, s'en imprégner et enfin, pouvoir en témoigner (oralement, par l'écriture ou la photographie).

echafaudage au grand palais
Photographier sous tous les angles (Paris) - Virgile
Cette forme de tourisme alternatif présente un avantage indéniable sur les visites officielles ou organisées. C'est gratuit, convivial et ouvert à toute heure! On a même vu par le passé un groupe de parisiens organiser des fêtes sur le thème de la Bretagne avec bière bretonne et galettes maison en suffisance pour près de trois cents personnes! Un orchestre était aussi de la partie, au grand bonheur des gens venus festoyer. Ici, pas de code vestimentaire obligatoire à l'entrée, pas de loi pour empêcher les gens de se droguer, pas de service d'ordre et pourtant, l'ambiance est bon enfant et la fête est auto-gérée. Ces instants de convivialité font partie du folklore. On a aussi vu un groupe de cataphiles organiser des projections clandestines souterraines d'œuvres en rapport avec les carrières dont le célèbre et cultissime film de Pierre Tchernia: Les gaspards. Ceci n'est que la partie visible et médiatisée de l'iceberg puisque chaque rencontre donne lieu à un potentiel moment de partage (discussions, soirée improvisée, échanges de plans, de bières et plus si affinités).

La tour Gan vue d'une grue a la defense
La tour Gan vue d'une grue à la défense (Courbevoie)
Édouard BERGÉ
Contrairement à l'idée véhiculée, il n'y a pas de Mecque de l'exploration urbaine, il n'y a pas d'endroit plus que d'autres aptes à accueillir l'explorateur urbain*. Toute ville, tout village compte sa maison abandonnée, son église, son usine qui ferme, sa mairie à escalader, sa piscine à infiltrer. Il faut juste savoir s'informer, collecter l'information et l'exploiter. Si la source d'information la plus simple est le bouche à oreille, il faut cependant disposer d'un bon réseau d'informateurs car certaines friches disparaissent vite! La meilleure source d'information reste la prospection: Toquer à la porte des gens, chercher dans les appels d'offre des communes, s'informer des chantiers en cours, etc.
*sauf ceux qui manquent cruellement d'idées...

Attention cependant! Ces endroits sont souvent potentiellement dangereux. Nombreux sont les toits qui ne disposent ni de ligne de vie, ni de rambarde. Il est ainsi possible de tomber, mais aussi de faire tomber des objets sur des personnes se trouvant en contrebas ce qui est bien évidemment beaucoup plus grave. Les friches (même médicales, de bureaux) sont dangereuses parce qu'elles donnent l'impression de sécurité. Des gens ont travaillé dans ces endroits. Qui penserait risquer sa vie dans une ancienne infirmerie? Pourtant, bien souvent, les voleurs de métaux sont passés par là, laissant de nombreux trous béants dans le sol (vol de plaques en métal) ou des plafonds fragilisés (pillage des câbles en cuivre, de l'aluminium, démontage de parties de charpentes). Il est aussi possible de tomber nez à nez sur eux, au risque de les déranger. Certains espaces abandonnés sont aussi récupérés par des mafieux pour y loger leurs mendiants esclaves. Les cavités souterraines creusées par l'Homme présentent aussi de nombreux risques. Délaissées depuis parfois près d'un siècle, les infiltrations et l'absence de pompage accélèrent une dégradation de la pierre, en particulier le gypse. L'arret des inspections, l'absence de ventilation forcée réduit le taux d'oxygène jusqu'à des niveaux mortels. Enfin, la relative difficulté d'accès est très handicapante en cas de blessure grave (monter une échelle avec une cheville cassée par exemple, n'est pas chose aisée).

Médiatisation et forces de l'ordre

Les toits du Louvre
Montée sur les toits du Louvre (Paris) - David Deschamps
La pyramide du Louvre vue des toits
La pyramide du Louvre vue des toits (Paris) - Édouard BERGÉ
Motivés par l'insolite et l'interdit, les journalistes s'intéressent beaucoup à l'exploration urbaine en France avec en particulier, les catacombes de Paris. C'est quelque part le marronnier du rédacteur en chef en mal d'inspiration. Le phénomène n'est pas nouveau mais les années 2000 ont vu apparaitre un nombre croissant de reportages et d'articles à ce sujet, au grand dam des cataphiles. Dans le même temps, les rapports des cataphiles avec la nouvelle équipe de police se sont considérablement détériorés suite à l'escroquerie organisée de cette dernière qui consiste (consistait?) à amener des gens de force sur les voies SNCF pour leur faire mettre une deuxième amende par la police ferroviaire. Radical et prohibitif pour les cataphiles en majorité étudiants ou chômeurs? Que nenni, la conséquence directe de ces magouilles policières a été l'augmentation massive des accès à tel point que débordée et moins à l'aise sous terre que les explorateurs en culotte courte, le gruyère parisien est devenu un vrai boulevard, se transformant régulièrement en boîte de nuit improvisée pour des centaines de personnes. La revanche du faible sur les ripoux? (Note pour le lecteur: ces pratiques ont apparemment stoppé)

L'interdiction n'est pas la motivation d'une majorité d'explorateurs

Arches dans une carriere du massif de l'Hautil
De magnifiques arches dans une carrières du massif de l'Hautil
(Bois Roger/Triel sur Seine) - Édouard BERGÉ
Carriere d'ocre a Roussillon
Anciennes carrières d'ocre (Roussillon) - Édouard BERGÉ
Pourtant, l'exploration urbaine n'a pas pour vocation à braver les interdictions. Ainsi, nombreuses sont les carrières en France dont l'accès n'est ni réglementé, ni interdit, à la manière des cavités que les spéléologues arpentent en club. De même, certains toits sont accessibles avec autorisation même si il faut souvent appuyer sa demande d'un projet associatif (restauration, nettoyage) ou photographique. De nombreux groupes ont formé des associations de restauration du patrimoine afin de sauvegarder la mémoire de ces sites remarquables. Les associations font un travail de fond et ouvrent régulièrement les lieux dont ils ont la charge au public: Par exemple, un gros travail est fourni par l'OCRA qui organise des journées enfants en carrière et ouvre gratuitement les portes d'un aqueduc, d'une ancienne brasserie souterraine et de la carrière Delacroix aux journées du patrimoine. Ils ne sont bien entendu pas les seuls. Pensez à surveiller les manifestations aux prochaines journées du patrimoine!

Phénomène de mode chez les photographes amateurs

toits de la cathedrale de Bordeaux
Toits de la cathédrale de Bordeaux (Bordeaux) - Édouard BERGÉ
toits de la cathedrale de Bordeaux
Toits de la cathédrale de Bordeaux (Bordeaux) - Édouard BERGÉ
En parallèle de ces associations navigue un essaim de photographes amateurs dont le sujet est presque inépuisable. Chaque carrière, chaque monument, chaque friche possède une architecture qui lui est propre, des couleurs à profusion. Pourtant, les professionnels de la photo dénigrent en masse le mouvement des amateurs de friche car "ils manquent d'originalité dans des lieux qui n'en manquent pas". En effet, c'est souvent le lieu qui fait tout le travail à la place du photographe et on voit certains s'acharner à grands coups d'effets pseudo-créatifs type HDR au lieu de cadrer un peu plus intelligemment. Sous terre en revanche, le photographe doit effectuer un travail complet en y apportant sa lumière. Il n'est plus simplement spectateur mais acteur à part entière du lieu. Il est d'ailleurs intéressant de comparer les différences de résultat pour un même cadrage entre deux photographes qui utilisent des techniques et constructions de lumière différentes. Au final, la photo reste avant tout une affaire de goût strictement personnelle et tout le monde trouvera son compte parmi les nombreuses réalisations qu'on peut trouver sur la toile.

Les urbexeurs en Europe

La chapelle de l'hôpital Richaud à Versailles
La chapelle de l'Hôpital Richaud (Versailles) - Édouard BERGÉ
Une ancienne brasserie souterraine dans les carrières de Sèvres
Une ancienne brasserie souterraine (Sèvres) - Édouard BERGÉ
L'exploration urbaine en Europe est fortement marquée par la scène Française, Anglaise et Russe mais d'autres pays comme la Belgique comptent quelques explorateurs actifs bien qu'isolés (En fait, surtout actifs à s'autodéclarer leader de mouvements imaginaires sur Wikipedia *souriez*). Pour ceux qui voudraient découvrir un peu plus le monde merveilleux de l'exploration urbaine francophone, le plus gros forum CKZone.org vous donnera un aperçu de la scène parisienne mais aussi des nombreux autres groupes de province. Attention, l'explorateur urbain lambda est bourru, grincheux et ne supporte pas que des nouveaux viennent empiéter sur ce qu'il n'a pas tardé à s'approprier. Comme tant d'autres avant lui. Pathétique? On a souvent vu des novices venir faire la leçon à ceux qui les avaient initiés, quelques années plus tard. Pour résumer: Le cataphile se pense clandestin et rituel alors qu'il n'est qu'asocial et stupide. Il s'approprie tout au nom de la liberté (ma salle, mon tag, mon vomi) et refuse la circulation de l'information qu'il a déjà. Prendre oui, partager, non! Rien de surprenant cependant, de la part d'un parisien (ou d'un lyonnais).

2014 Le renouveau de l'urbex?

Opéra Garnier / Paris

Reportages, livres, expositions et surtout démocratisation d'appareils photos performants ont achevé de banaliser le phénomène urbex. Les explorateurs en culotte courte sont devenus grands, ils ont tous un 5D Mark II (ou III), une petite expérience de Photoshop et rivalisent de créativité dans des lieux à l'intéret discutable (poser une chaise au milieu de la salle de bain de sa grand-mère ou de la maison abandonnée d'à coté). Le problème de la démocratisation de l'exploration urbaine, c'est que les beaux lieux faciles d'accès sont pris d'assaut et périclitent prématurément, parfois sous la surveillance d'un gardien, empêchant de facto, d'autres visites. Pour l'urbexeur lambda, trop fainéant pour chercher des nouveautés ou esquiver un vigile, il ne reste plus grand chose à se mettre sous la dent. On tente de faire du neuf avec du faux, on essaie de lisser les angles, de créer un genre, mais personne n'a réellement d'idée et le fricheux de base est trop formaté pour oser. Il faut bien le dire, on se fait lourdement chier et tout ça se ressent dans les diverses publications du microcosme frichophile. Les derniers ouvrages du genre étant carrément des compilations, sortes de best-of de l'explorateur moyen qui a les moyens. Les lieux sont peu nombreux, donnent l'impression d'une sur-fréquentation (tout le monde allant aux memes endroits) et le public -finalement restreint- de cette parade, se blase petit à petit, comme si le fondement de l'urbex ne se passait plus dans les lieux visités, mais sur internet, pour récupérer des "J'aime" ou des "+1". Les enfants gatés pourris n'ont qu'une idée en tete, être vus au lieu de vivre (oui, je sais, cette phrase en fera sourire plus d'un, laissez moi troller jusqu'au bout!).

Du coté des toiturophiles, le tableau est plus rose. Les chantiers de constructions sont toujours florissants, la sécurité toujours aussi anémique. Le plus gros problème reste de choisir quoi faire. À ce petit jeu, les russes dégomment tout sur leur passage: Photos vertigineuses et spectaculaires aux quatre coins du monde, tout en se mettant constamment (et inutilement) en danger, suspendus dans le vide par une main, à enchainer des figures de street-workout en hauteur. Le street-workout est une discipline artistique qui consiste à enchainer des mouvements de gymnastique, souvent d'exercices au sol ou de barre fixe. Rien à voir avec l'escalade donc, c'est pourquoi certains sont morts d'avoir voulu faire les malins en hauteur, n'est pas Alain Robert qui veut. Alain Robert, l'indétronable roi de la (vraie) grimpe urbaine.

Partager: Partager sur Facebook - Partager sur Twitter - Partager sur Viadeo - Partager sur Linkedin
© 1995-2017 www.roudoudou.com
© 2001-2017 www.urban exploration.com
© 2007-2017 www.exploration-urbaine.org